Samedi 27 mai 2006
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L'Etat et les organisations patronales du secteur de l'hôtellerie restauration ont signé un contrat de croissance qui prévoit une revalorisation des aides à l'emploi dites "Sarkozy" de 2004 et un soutien à l'investissement.
Bon, alors, si je comprends bien, voilà une branche professionnelle qui était déjà aidée depuis 2004 et on va donc continuer de l'aider, un peu plus quand même en augmentant les aides financières, en les diversifiant, et en simplifiant leur attribution avec un contrôle... à posteriori. On va aussi "soutenir leur investissement" en créant un titre de "Maître restaurateur" qui sera associé à un crédit impôt sur trois ans (pouvant aller jusqu'à un crédit impôt total de 15000 euros par Maître restaurateur), "améliorer la dotation provisoire d'investissement" (DPI) qui permet déjà aujourd'hui de déduire du revenu 15000 euros au titre d'investissements... futurs... La liste
des petits cadeaux est longue et fastidieuse tellement leur imagination est débordante quand il s'agit de faire plaisir aux amis tout en tentant de nous faire croire que l'on est en train d'oeuvrer pour l'économie du pays. A titre d'exemple, il est question dans ce "contrat de modernisation" de "soutenir l'activité des petites entreprises en créant un dispositif souple en matière d'heures supplémentaires et de recours aux extras pour les entreprises de moins de 20 salariés du secteur hôtels, cafés et restaurants" avec comme objectif avoué, tenez-vous bien, "LUTTER CONTRE LE TRAVAIL CLANDESTIN ou SOUS DECLARE" et... "DEVELOPPER L'ACTIVITE DANS LE SECTEUR" à travers "UNE AUGMENTATION DES HORAIRES ET JOURS D'OUVERTURE".On nous dit tranquillement, dans un texte appelé "Contrat de modernisation" que l'Etat sait pertinemment que cette branche professionnelle pratique l'esclavagisme (et qu'on ne vienne pas me dire qu'il est moderne !), en ne déclarant pas du tout ou partiellement des personnes qui travaillent dans leur Etablissement.
En réponse à ces graves infractions, L'Etat bidouille des arrangements entre amis :
- en ne sanctionnant pas ces graves infractions avouées par les organisations patronales représentant la profession : le Syndicat majoritaire UMIH, la CPIH, la FAGIHT, le GNC, le SNRPO, le SYNHORCAT et ce, dans un accord officiel qu'il co-signe avec eux,
- en leur apportant aides financières sans contrôle, sans contrepartie, - en généralisant les conditions de travail déplorables : "libérer les possiblités de recours aux heures supplémentaires"
- en précarisant encore plus les salariés : "créer un dispositif souple en matière.... de recours aux extras", "libérer les possibilités de créer des emplois saisonniers ou ponctuels supplémentaires".
- en ignorant copieusement les autres représentants de la profession que sont les syndicats de salariés
Sans faire grève, sans descendre dans la rue, ces syndicats
patronaux ont obtenu, entre autres, une aide de 20 milliards d'euros, financée par des fonds publics, offerte sur un plateau, une flexibilité accrue, une impunité totale quant aux infractions qu'ils ont reconnues avoir commises. (ça s'arrose non?)En échange ? RIEN. Aucune contrepartie ni en matière d'emplois, ni en matière d'amélioration des salaires ou de conditions de travail n'est négociée, bien au contraire puisque l'accord lui-même les aggrave.
Ils n'ont aucune pudeur, aucun scrupule, rien ne les arrête puisqu'ils vont même jusqu'à entériner comme engagements des organisations patronales : les accords 2004 non tenus. Et la rédaction est parfaitement explicite : "assurer l'effectivité des accords de 2004".
MODERNE, VOUS AVEZ DIT MODERNE ?
Les représentants de cette branche professionnelle ont beau
signer un contrat de modernisation avec l'Etat, ils n'en demeurent pas moins ARCHAIQUES avec en leur sein une enseigne qui pèse, le groupe ACCOR qui s'est illustré par une campagne de communication aux accents colonialistes pour justifier son départ des antilles et son objectif d'aller chercher dans les îles voisines, Saint-Domingue en particulier un salariat meilleur marché. André Daguin Président de l'UMIH avait hier l'oreille de Raffarin, il a celle de Villepin aujourd'hui, et compte tenu de ce dernier accord,
pas que l'oreille. On pourrait penser que cet homme dont les manoeuvres et stratégies conjuguent dans le même temps la pleurnicherie, les menaces, la flatterie et les promesses (qu'il ne tient pas), on pourrait penser disais-je, qu'il soit satisfait du résultat de ses contorsions. Et bien voilà ce qu'André Daguin, au nom de l'UMIH, déclarait après la signature de ce "CONTRAT DE MODERNISATION" :"L'UMIH se résoud à signer un bon "tiens" en attendant la TVA à 5,5 %" qui "reste le meilleur outil de modernisation du secteur... "Le contrat de modernisation proposé par le Gouvernement est transitoire..." Les aides, bien que majorées, ne se substituent pas à la TVA car le secteur ne demande pas de fleur"...
Même pas la reconnaissance du ventre...
Mais pourquoi se gênerait-il puisque dans le contrat qu'ils ont
signé, l'Etat, représenté par Renaud Dutreil, et Léon Bertrand signe, : "l'Etat s'engage à poursuivre les négociations avec l'union européenne pour obtenir un taux à 5,5 % en faveur de la restauration."
Et, rigolez pas, dirait quelqu'un que j'affectionne particulièrement, c'est avec nos impôts.

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