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EXPULSIONS : MORTS OU VIFS ?

Vendredi 2 mai 2008 5 02 /05 /2008 10:10

Suicide d'un Camerounais au centre fermé de Merksplas (BELGIQUE)

FAITS DIVERS jeu 1 mai

Un réfugié originaire du Cameroun, Ebenizer Folefack Sontsa, 32 ans, s'est suicidé au centre pour illégaux de Merksplas. Il s'est pendu durant une pause, après son repas, dans des toilettes au moyen de draps. Les services médicaux sont venus de suite sur place mais n’ont pu que constater le décès de l'homme. La police a donc procédé aux constatations d'usage. L'homme devait être rapatrié dans les prochains jours. Il avait fait échouer deux tentatives d'expulsion précédentes. La victime se trouvait au centre fermé depuis la mi-février.

REGARDEZ LE REPORTAGE DU JOURNAL DE 19H

 

Emeutes

Il se disait à plusieurs sources que ces événements auraient provoqué des troubles au sein du centre fermé. Peu après 16h00, la police locale y a en effet été appelée car une émeute aurait éclaté. Mais si ces événements ont donné lieu à des tensions au sein de l'établissement, il n'y a pas eu d'émeute, ont précisé les responsables du centre ... jusqu'à ce qu'en début de soirée, l'établissement informe les autres ailes du centre du drame qui venait de se jouer. Les détenus ont très mal réagit, de nombreuses destructions sont à déplorer et plusieurs objets ont été incendiés. Des policiers sont arrivés sur les lieux en renfort pour sécuriser le centre et y ramener le calme. Ils auraient été aidés dans cette tâche par l'aumônier du centre, le curé de Merksplas, qui aurait calmé les détenus africains. Selon VTM et la VRT, des tensions au sein du centre sont apparues ces derniers temps entre personnes originaires d'Afrique et ressortissants de l'Est de l'Europe.

Peur d'être expulsé à nouveau

Il avait été placé en cellule d'isolement dimanche, a-t-on appris auprès de son avocat, Me Alexis Deswaef. L'homme avait fait l'objet d'une tentative d'expulsion samedi passé, au cours de laquelle il aurait subi, selon son avocat, des violences. Un policier aurait placé son genou contre le cou du Camerounais. Des traces de violences étaient apparentes, selon l'avocat, sur le cou et les jambes de son client. Au cours de cette tentative d'expulsion, dans un avion de Brussels Airlines, un passager, Ngajui Fosso, qui devait rentrer à Douala a entendu les cris du Camerounais qu'on allait expulser. Il a alors expliqué à l'hôtesse qu'il ne "pouvait pas voyager dans ces conditions". D'autres passagers auraient eux aussi protesté. Quelques minutes plus tard, M. Fosso et deux autres passagers ont été emmenés par des policiers et conduits dans une cellule de l'aéroport. M. Fosso n'a été libéré qu'une dizaine d'heures plus tard. Il est interdit de vol par la compagnie aérienne pendant six mois.

La Ligue des Droits de l'Homme s'était d'ailleurs insurgée contre cette interdiction : LIRE L'ARTICLE

"La première tentative d'expulsion est considérée comme une invitation à partir et il ne devrait pas y avoir usage de la force", a commenté Me Alexis Deswaef. Une seconde tentative d'expulsion était prévue pour lundi. "M. Folefack n'a pas supporté la perspective d'une seconde tentative d'expulsion et a mis fin à ses jours", a expliqué son avocat. Pour Me Alexis Deswaef, le gouvernement belge est responsable de la mort de son client. "Mercredi matin, les ministres Onkelinx et Milquet ont insisté au sein du Kern pour établir un moratoire sur les expulsions des personnes qui pourraient faire l'objet d'une régularisation selon les critères de l'accord de gouvernement, mais le gouvernement a refusé. M. Folefack avait de réelles perspectives de régularisation", a-t-il déclaré. M. Folefack était arrivé en Belgique en 2005. Il avait introduit une demande d'asile qui avait été refusée. Selon son avocat, il aurait pu être régularisé sur base du critère de l'ancrage durable ou d'un contrat de travail.














Par Rosecelavi - Publié dans : EXPULSIONS : MORTS OU VIFS ?
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Vendredi 2 mai 2008 5 02 /05 /2008 18:26
APPEL A TEMOINS


Madame, Monsieur,



J’ai été violemment débarqué par la police fédérale belge du vol SN0351 de Brussels Airlines du 26 avril 2008 à destination de Kinshasa via Douala parce que j’avais protesté contre les conditions dans lesquelles ce vol allait se dérouler.

En fait, une personne en instance d’expulsion était maltraitée et je ne pouvais pas rester indifférent à ses appels au secours.

Ma protestation a entraîné celle des autres passagers, ce qui a conduit à l’interruption de la démarche d’expulsion.

Des policiers de la police fédérale belge sont ensuite venus débarquer de manière musclée deux autres passagers et moi. J’ai ensuite passé 10 heures en cellule sans boire, sans manger et sans pouvoir contacter ma famille.
Suite à cet incident, Brussels Airlines a décidé de me suspendre de tous ses vols pour une période de 6 mois.

•    Vous avez peut être pris ce vol et avez été témoins de la scène dans l’avion, filmé cette scène,

•    Vous connaissez peut-être quelqu’un qui a pris ce vol,

Nous vous prions de nous faire parvenir votre témoignage ou votre vidéo afin de nous permettre de rétablir la vérité sur cet incident.

Merci d’avance pour votre témoignage, votre aide et votre courage

Serge NGAJUI FOSSO




Par Rosecelavi - Publié dans : EXPULSIONS : MORTS OU VIFS ?
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Dimanche 22 juin 2008 7 22 /06 /2008 21:00


L'homme tunisien de 41 ans mort hier au centre de rétention de Vincennes ne se serait pas suicidé. Il serait mort d'une crise cardiaque. Peu importe les véritables raisons, la tension est telle qu'il serait le mort de trop pour tous ceux qui sont privés de liberté, enfermés comme des criminels alors que leur seule et unique faute est de ne pas avoir les bons papiers, le bon métier, la bonne nationalité, les bons amis.


La colère, la peur d'être expulsé, retrouver une dignité bafouée, le sentiment de ne plus rien avoir à perdre sont peut-être les raisons qui font que le centre de rétention de Vincennes est aujourd'hui calciné, peut-être d'autres. La tension était grande depuis plusieurs mois à l'intérieur de ces bâtiments, comme à l'extérieur.


Voilà où nous mènent ces lois qui, à n'en pas douter seront, dans quelques années, jugées comme inhumaines, indignes.  En attendant, combien de morts ? combien de temps ?
Par Rosecelavi - Publié dans : EXPULSIONS : MORTS OU VIFS ?
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Mercredi 12 novembre 2008 3 12 /11 /2008 11:54
Alors qu'un charter est prévu avec plusierus jeunes afghans (date annoncé le 16 ou le 18), Atiq Rahimi, auteur afghan âgé de 46 ans, a reçu, lundi 10 novembre, le prix Goncourt.

11 novembre 2008

Déclaration d’Atiq Rahimi (à diffuser largement)
Informé de l’arrestation dans la région de Calais de dizaines de jeunes Afghans qui tentent de passer en Grande-Bretagne, de leur placement en rétention au CRA de Coquelle et des menaces d’expulsion par charter qui pèsent sur eux, l’écrivain franco-afghan Atiq Rahimi, prix Goncourt 2008 fait la déclaration suivante :

La présence en France de ces 54 jeunes afghans témoigne de la situation que connaît actuellement l’Afghanistan.

Les renvoyer dans leur pays c’est les condamner à un avenir incertain, c’est prendre le risque de les laisser aux mains des fondamentalistes qui détournent le désespoir de cette jeunesse à des fins religieuses extrémistes.

Pour combattre l’obscurantisme , les armes à notre disposition sont multiples ; mais la plus sûre et la plus efficace est l’éducation. En offrant l’asile à ces jeunes, comme elle le fit pour moi en 1985, la France les aidera à poursuivre leurs études et à ne pas tomber dans l’abîme de l’ignorance.

Atiq Rahimi
Lauréat du prix Goncourt 2008




plusieurs articles de presse sur cette expulsion d'Afghans : http://www.educationsansfrontieres.org/?rubrique26


Communiqué RESF du 8 novembre 2008 -  http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article16390 <http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article16390%29>

Le Réseau Education sans frontières inquiet des dérives auxquelles le ministre de la rafle et du drapeau, M. Brice Hortefeux, conduit la société française demande à tous ceux qui s’intéressent à son action, particulièrement enseignants et parents d’élèves, de faire connaître les faits dénoncés par le communiqué du Gisti et les documents reproduits ci-dessous. Il souhaite que dans chaque famille, dans chaque classe, soient vilipendés les faits et les hommes qui méritent de l’être. Et que les droits de l’homme ne soient pas cantonnés aux discours convenus de notables de préfecture ou de ministère subalternes.

                    Rue89, 6 novembre 2008

REPRISE DES CHARTERS : LA FRANCE SACRIFIE LES AFGHANS


Après la Cimade, qui a commencé cette semaine à alerter les rédactions de la reprise des charters à destination de Kaboul, c’est au tour du Gisti, le Groupe d’information et de soutien des immigrés, de réagir contre les expulsions d’Afghans.
par Jean-Pierre Alaux (Gisti)

Combien des jeunes Afghans que la France et la Grande-Bretagne s’apprêtent à expulser par "charters" vont-ils mourir ? Quand succomberont-ils et comment ? Telles sont les questions incontournables qui se posent à quelques jours du décollage, en direction de Kaboul, du premier "vol groupé" franco-anglais depuis 2005.
Officiellement informé de l’imminence de l’opération, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a discrètement manifesté des réticences dans son langage châtié habituel : "Les personnes ayant besoin d’une protection internationale au titre du statut de réfugié de la Convention de Genève de 1951 ou d’autres formes de protection complémentaire ne devraient pas être expulsés vers l’Afghanistan."
Près de Calais, des rafles sélectives
Qu’à cela ne tienne : dans le Calaisis, les rafles sélectives d’Afghans ont été déclenchées. Rapidement vidé de ses autres occupants, le centre de rétention de Coquelles a soudain "accueilli" une soixantaine d’Afghans qui ne se doutent encore de rien. C’est que l’affrètement d’un "charter" coûte cher et que, pour rentabiliser son "investissement", le ministère français de l’Immigration veille à remplir l’appareil.
A ce souci de la gestion des deniers publics, s’en ajoute un autre - contradictoire : celui du respect apparent du droit international qui interdit les "expulsions collectives" (1).
Comme d’ordinaire en pareilles circonstances, Brice Hortefeux s’efforce donc de maquiller à l’aveuglette l’illégalité à coups d’autant de décisions individuelles stéréotypées d’éloignement qu’il y a des sièges disponibles dans l’avion. En bon Etat de droit d’opérette, la France se doit de sauver... les apparences.
Massacrés au pays après avoir été expulsés d’Australie
Les apparences peut-être. Certainement pas tous les jeunes Afghans du voyage, dont on ne saura pas de quoi quelques-uns vont inévitablement mourir. Seront-ils abattus, voire décapités, comme, il y a un mois, le furent plusieurs expulsés par l’Australie (2) ?
S’ajouteront-ils à la liste des 1 445 civils afghans tués depuis le début de l’année 2008, selon le dernier décompte de l’ONU qui relève la multiplication par six du nombre des victimes non combattantes en Afghanistan au cours des derniers mois ?
Ou bien vont-ils tout simplement mourir de faim dans un pays sur lequel diverses institutions internationales ont récemment émis des alertes à la famine passées inaperçues, par exemple l’USAID, selon laquelle, dans 15 des 34 provinces d’Afghanistan, la pénurie alimentaire fait craindre un hiver meurtrier, tandis qu’elle serait "moyenne" dans huit autres, y compris Kaboul (3) ?
De ces condamnations à mort, le gouvernement français se moque. Pour lui, le principal est ailleurs. Sept ans après la fermeture, en décembre 2002, du camp de Sangatte décidée par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, il faut à tout prix tenter encore de nettoyer le Calaisis des centaines d’exilés, parmi lesquels beaucoup d’Afghans, qui continuent à essayer d’y survivre, cachés dans leurs "jungles" (4).
Par leur présence, ils narguent les autorités françaises qui avaient imprudemment annoncé que la fin du camp entraînerait leur disparition. Sauver la face au prix de quelques vies afghanes ? Qu’à cela ne tienne...
---
(1) Article 4 du Protocole 4 de la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales (CEDH) : « Les expulsions collectives d’étrangers sont interdites ».
(2) Voir « taliban ’kills denied asylum seekers’ », the Age (Australie), 27 octobre 2008, ou « Beheaded after trying for asylum in Australia », Sydney Morning Herald (Australie), 1er novembre 2008, ou encore « Australia Probes Afghan ’Death’ », BBC, 27 octobre 2008, et aussi « taliban killed Afghan asylum seekers that Australia sent back, report claims », the Guardian, 27 octobre 2008.
(3) USAID, 29 juillet 2008, « Famine Early Warning Systems Network :
Afghanistan Food Security Outlook July to December 2008 » ou AFP, 31 octobre 2008, « Afghanistan : la famine est une menace plus grave que la rébellion »
(4) Lire le rapport de septembre 2008 de la Coordination française pour le droit d’asile (CFDA), « La loi des ’jungles’ : la situation des exilés sur le littoral de la Manche et de la Mer du Nord »,
http://cfda.rezo.net/download/La loi de la jungle_12-09-2008.pdf

FW: [RESF Rhône] plusieurs afghans prévus pour un charter pour Kaboul ...
Par Rosecelavi - Publié dans : EXPULSIONS : MORTS OU VIFS ?
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