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Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience.
René Char De deux choses l'une. L'autre, c'est le soleil. Jacques Prévert L'histoire nous dit que toute obéissance est une abdication, que toute servitude est une mort anticipée Elisée Reclus Rien ne sert d'être vivant, s'il faut qu'on travaille. André Breton Rrose Selavy demande si les fleurs du Mal ont modifié les moeurs du phalle : qu'en pense Omphale ? Robert Desnos |
Dans les écoles, les collèges et les lycées, un grand mouvement de solidarité entoure les enfants d’hommes et de femmes sans-papiers menacés
d’expulsion.
En France, nous avons constaté à plusieurs reprises les séquelles causées sur des personnes qui ne sont pas directement touchées par des départs forcés, des arrestations musclées ou même, à certaines époques, par la déportation de populations. Si maintes études existent sur les effets subis par des personnes victimes directes d’actions violentes et autoritaires, on s’est rarement intéressé aux effets psychopathologiques et aux séquelles que laissent de tels actes dans la population non directement touchée. Nous connaissons tous cette question fréquemment posée : « Et vous, papa, maman, qu’avez-vous fait pendant la guerre ? ». Le problème posé ici est beaucoup plus profond que cela. Nous souhaitons nous intéresser aux voisins, aux amis, à l’entourage d’enfants qui vivent aujourd’hui sous la menace d’expulsions ou qui ont assisté à des actes d’expulsion plus ou moins violents. Notre hypothèse, d’un point de vue épidémiologique et psychopathologique, réside dans le fait qu’il est presque impossible que les élèves d’une classe d’école, de collège ou de lycée puissent élaborer psychologiquement sans problème le fait qu’un ou une de leurs camarades soit menacé d’être expulsé de France ou soit obligé de se cacher en raison du seul délit d’exister. Pour un enfant, le fait qu’un camarade soit victime de violence ou qu’il en soit menacé du seul fait que ses parents ne possèdent pas exactement le bon papier au bon moment, cela relève d’une injustice anxiogène voire pathogène. Nous pensons qu’on ne peut pas seulement s’occuper des victimes directes en sollicitant les citoyens pour une solidarité à sens unique. Aujourd’hui, il faut comprendre que celui qui laisse exister de tels actes ne reste pas indemne du point de vue de sa santé. Nous voulons ainsi lancer, avec le soutien des organisations, syndicats, associations et collectifs membres du Réseau Education Sans Frontières, mais aussi avec tous ceux qui souhaiterons s’y associer, une enquête épidémiologique pour essayer de comprendre les effets pathogènes que cette réalité sociale génère sur le reste de la population. Donc que l’on s’intéresse à ceux qui sont touchés indirectement, par effet miroir. Dans ce travail-là, nous essaierons pour la première fois d’analyser les effets de la complicité passive voire, simplement, du seul fait d’être témoin de telles actions violentes au moment où elles se déroulent. Car si des études ou des écrits existent sur ce phénomène, ils sont toujours réalisés dans l’après-coup historique. Nous pensons qu’il y a de la part du pouvoir une volonté de vacciner la population. Nous voyons le gouvernement procéder successivement divers types d’expulsions avec différents types de violences ou l’établissement de zones de non droit comme les centres de rétention. Petit à petit, la population est vaccinée et devient de moins en moins capable de réagir. La passivité de la population est toujours inquiétante d’un point de vue épidémiologique de santé mentale, car nous savons qu’il n’existe pas de passivité « passive » : la non réaction exige toujours un effort de refoulement très actif qui porte à conséquence. Avec l’agression faite aux enfants, le pouvoir a franchi une étape pour laquelle, heureusement, la population française n’était pas encore vaccinée. Notre objectif est d’éviter une telle vaccination, une pacification des consciences, non pas en procédant à une interpellation morale sur la nécessité de gestes de solidarité, ni à une critique idéologique et politique de la législation existante et des pratiques administratives répressives qui frappent la population immigrée, ce qui est fait par ailleurs, notamment au sein du RESF, mais par une enquête épidémiologique sur le terrain, la plus complète et sérieuse possible, qui tente de montrer en quoi il n’existe pas de possibilité pour l’entourage de se sortir indemne d’une telle réalité. Nous savons que les enfants sont fortement touchés, d’abord les enfants de sans papiers par la situation de parias à laquelle sont trop souvent réduits leurs parents et les angoisses, profondément incompréhensibles, qui pèsent sur leur vie quotidienne, mais aussi tous les enfants lorsqu’ils constatent que ce qui représente l’autorité peut se retourner, comme dans un cauchemar régressif, en son contraire, c’est-à-dire une menace. Pour un enfant, savoir que son camarade de classe est menacé par l’autorité policière, étatique ou judiciaire censée le défendre, cela ne peut pas ne pas être un élément anxiogène et déstructurant de sa personnalité. Au moment où les pouvoirs publics et les universitaires s’inquiètent de l’estompement de l’autorité dans l’Éducation nationale, nous ne pouvons pas ne pas nous scandaliser de l’attaque que de tels agissements représentent contre ce même principe d’autorité. Et cette attaque là, nous voulons une fois encore la traiter de façon épidémiologique.
Pour tout contact : contact@resfmiroir.org
Luc Chatel (presse) : 06 19 63 26 03 / Jean Michel Delarbre (Resf) : 06 89 30 86 15
Toulouse, 25 Novembre 2007
CONFERENCE DE PRESSE
La Préfecture de la Haute Garonne bafoue le secret professionnel des fonctionnaires et agents publics et le droit au respect de la vie privée et renforce l’organisation de la chasse aux étrangers !
Une note interne fait apparaître que, sous prétexte de "lutte contre les fraudes", la Préfecture de la Haute-Garonne tente actuellement de mettre en place, dans le plus grand secret et dans le mépris du secret professionnel des fonctionnaires et du droit des citoyens au respect de leur vie privée, un système d'échange d'informations entre tous les services administratifs et de dénonciation aux services de police et de gendarmerie par l'ensemble des fonctionnaires et agents des services publics du département.
La Ligue des Droits de l’Homme de TOULOUSE, avec les unions et fédérations des différents syndicats de la Haute Garonne, le Syndicat des Avocats de France et le Syndicat de la Magistrature organisent une conférence de presse
Mardi 27 novembre à 14 heures,
Bourse du travail, Place Saint Sernin
Salle 3
A cette occasion, seront présentés à la presse les documents exposant la démarche de la Préfecture et les réactions des différentes organisations présentes.
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